Du gore à l’alimentaire, effet spécial, standardiser la perception

Pour honorer la commande du banquet matrimonial de Suzette un traiteur s’approvisionne en abattant des jeunes femmes vierges à la machette. Blood Feast (1963) de Herschell Gordon Lewis est qualifié de premier film gore de l’histoire du cinéma, un genre vulgairement défini par la présence de sang à l’image.

Les réalisateurs pionniers de ce charnel macabre avaient fait leurs débuts de carrières avec les films nudies ou sex-exploitation. Les productions bas de gamme à budget miniature ont remplacé le corps nu par la chair mutilée pour continuer d’attirer un public en quête de sensations visuelles inédites. Sont déversés des hectolitres d’une matière initialement composée de farine de maïs, miel et cochenille aujourd’hui remplacée par le E120, colorant largement utilisé dans l’industrie alimentaire. […]